Quelques jours passés entre Noël et le jour de l'an à la Maison d'Arrêt des femmes de Fleury Merogis à l'écoute des corps poreux et traversés.
Cécile Debove, Documentariste
Pauline Weidmann, auteure
Milena Gilabert, Danseuse chorégraphe
sur une invitation de Animakt - Fabrique pour les arts de la rue et d'ailleurs. (91)

Nous faisons le choix d'arriver là, d'ouvrir un lieu sans but.
Au centre d’un carré formé par quatre gros axes routiers du département, l'A6 à l'Est, la départementale 310 au nord, la 445 à l'Ouest et la nationale 10 au sud.
Sous la surface de ce présent, le sol est constitué de limon des plateaux, reposant sur une succession de couches perméables, notamment des sables de fontainebleau, des argiles à meulières, du calcaire de Brie, puis à nouveau des argiles vertes de Romainville, jusqu’à environ 13 mètres en dessous du sol.

La Maison d'arrêt des femmes est bâtie avec trois côtés élevés et un satellite central en forme de H. Les murs d’enceinte en béton armé comportent des ateliers de travail. Dans chaque tripale, une rotonde centrale comporte la loge des surveillants pénitentiaires, leur permettant à chaque étage de surveiller les détenues sur le modèle du panoptique.
L’établissement a été conçu en utilisant le principe du modulor carcéral, unité de mesure de 2,54 mètres. La majorité des cellules a une superficie de 11 mètres carrés, équipées d’un lavabo, de toilettes et de deux lits superposés.

Environ 40 % des personnes détenues sont employées dans les ateliers à la confection de pièces industrielles selon Wikipédia. L'établissement propose aussi du travail au sein des cellules. Bertrand Guay écrit dans le monde en 2012 que 27,7% des personnes détenues en France ont reçu une rémunération pour leur travail.
"L'administration pénitentiaire fixe un seuil minimum de rémunération pour les ateliers de production. Il était en 2011 de 4,03 euros bruts de l'heure. "

Il s'agit d'entendre ce qui se dit des tentatives, des sensations, de l'ordinaire, pour ne rien ajouter.

Les voix :
Camilla - Ouvrière
Chloé - Chargée de développement tourisme
Anaïs - Commerciale
Aïssa - Aide-soignante
Poïté - Mère au foyer.
Pauline Weidmann - Autrice
Cécile Debove - Réalisatrice sonore
Milena Gilabert - Chorégraphe et thérapeute somatique.

Animakt
Fabrique vivante d’art - 91-
Saulx-les-Chartreux
Pole Culture
du SPIP de l'Essonne
Maison d'Arrêt des Femmes de Fleury Mérogis



“Nous faisons le choix d'arriver là.

Au centre d’un carré formé par quatre gros axes routiers du département, l'A6 à l'Est, la départementale 310 au nord, la 445 à l'Ouest et la nationale 10 au sud.

Sous la surface de ce présent, le sol est constitué de limon des plateaux, reposant sur une succession de couches perméables, notamment des sables de Fontainebleau, des argiles à meulières, du calcaire de Brie, puis à nouveau des argiles vertes de Romainville, jusqu’à environ 13 mètres en dessous du sol.

La Maison d'arrêt des femmes est bâtie avec trois côtés élevés et un satellite central en forme de H. Les murs d’enceinte en béton armé comportent des ateliers de travail. Dans chaque tripale, une rotonde centrale comporte la loge des surveillants pénitentiaires, leur permettant à chaque étage de surveiller les détenues sur le modèle du panoptique.

L’établissement a été conçu en utilisant le principe du modulor carcéral, unité de mesure de 2,54 mètres. La majorité des cellules a une superficie de 11 mètres carrés, équipées d’un lavabo, de toilettes et de deux lits superposés.




Nous venons à trois, l'une qui collecte le son, Cécile, l'autre qui danse et accompagne les corps, Milena, et puis Pauline qui pose la question au départ.

Durant huit journées, nous rentrons dans l’enceinte de la MAF et nous demandons : Quels pays se sont déplacés ici, quelles narrations s'écrivent depuis nous toutes, que pouvons nous adresser d’ici. Dans cette partie du cercle, nous déplions nos tissus et nos points de vue, nous laissons la parole se prendre et se passer. Nous écoutons ce qui a besoin de se dire et de s'affirmer, des unes aux autres et dans l'urgence de l'occasion. Nos regards se tournent souvent vers la vitre et la surveillante, les allées-venues suspendent à chaque fois l’échange. Nous parlons de ce qui se voit, ce qui se montre et ce qui se dit. Du dehors aux dedans.”




“Nous trébuchons, nous doutons, nous nous trompons, entre les murs et à l’intérieur de ce temps court que nous passons ensemble.

Au premier étage de la tour centrale, salle 3, une salle comme une part de cercle, avec, par les vitres intérieurs, l'escalier central architecturé dans l'air, détouré de fils ellipsoïdaux accompagnant la montée. Derrière cet espace circulaire, le bureau de la surveillante donne regard sur notre travail. Dans la salle, les fenêtres sont hautes et étroites, de longs rideaux oranges les recouvrent en partie, les verres sont troubles. La soufflerie de la ventilation mécanique est juste au dehors et teinte l'ensemble des sons d'une note continue et sourde.


Des desseins sont accrochés aux murs, les souvenirs d'autres activités, nommées comme telles, la Joconde a une tête de squelette, les collages de papier noir et blanc recoiffent Bugs Bunny et les graffitis s'inventent sur des murs imprimés en A4. Nous venons à la rencontre d'un groupe de dix inscrites averties par la très large question du corps, comme espace de récit. Seulement cinq personnes sont présentes et deux ne parlent pas français.”