La Peuplée

solo en milieu agricole - Voix et récits - repas .
écriture et mise en scène Pauline Weidmann
création 2019 
regard exterieur - Danielle Le Pierres
le dossier ︎




Accueil en résidence : Animakt, (91), le Ptit Cirk (22) Pont Menou (22)
De et avec Pauline Weidmann
Regards extérieurs : Danielle Le Pierres
tout terrain


"Il ne s'agit pas de désenfumer le fumier, de dépolluer le milieu, il s'agit d'ouvrir l'ouverture, de réouvrir l'ouverture sur la grandeur".

Pauline, Auteur, chanteuse et comédienne travaille à l’œuvre d'un peuplement, un endroit de rencontre entre des êtres sur ces espace de travail paysan.
C'est autour de chants traditionnels collectés entre Poitou et Brière et réinventés à ses mots d'aujourd'hui qu'elle raconte son histoire et à travers elle celle de cette grande Histoire du Pays. Entourée des matériaux du lieu et en écriture directe sur chaque exploitation qu'elle induit des ponts entre l'histoire d'ici, du pays, du paysan et celle qu'elle vient raconter depuis elle et ses routes.
Sa présence réactive et outillée, elle attrape au vol, réagit, explose et pleure au profond du moment, au plus avec . Au milieu de la grange.

Un lieu n'existe pas en soi. Il existe par la relation que l'on entretient avec lui.





Pauline Weidmann a grandi avec la conscience de l'agriculture, père paysan, mère directrice de lycée Agricole, grand père conseiller agricole aux premières heures de la Pac, frère ingénieur agricole. Elle a choisi une autre forme de labour, une culture des êtres, l'inutile en mouvement. La poésie. Elle porte cette création pour renouer et honorer cette histoire en se déjouant du drame.
L'agriculture est un lieu de création, de pro création, fertile, il nourrit. Son espace est un lieu de croisement, de déplacement, de rencontre. Sa fonction était éminemment sociale et devient essentiellement productive aujourd'hui. Dépeuplé depuis 70 ans. Les normes d'hygiène, la multiplication des intermédiaires et la mécanisation des industries à fait de l'agriculture un sacerdoce solitaire et dénudé de ses liens. 
En France, tous les deux jours, un agriculteur se suicide, soit 20 à 30 % de plus que le reste de la population. (Source Médiapart 23 août 2018)

« Alors, moi je ne suis pas savant, je ne sais pas. Mais je suis bien obligé de penser à ça parce que moi aussi, parce que tous. Et voilà : des fois, quand je suis seul, ou quand ça vient, je me dis que c'est louche, ça a l'air d'un travail mal fait. Il y a une chose que je ne crois pas : c'est que volontairement on veuille que nous soyons malheureux. Je crois que tout est fait pour que tout le monde soit heureux. Je crois que notre malheur, c'est comme une maladie que nous faisons nous même avec de gros chaud-et-froid, de la mauvaise eau et du mal que nous prenons les uns aux autres en nous respirant nos respirations. Je crois que, si nous savions vivre, nous ne serions peut-être pas malades. Avec l'habitude qu'on a prise, maintenant, toute notre vie c'est lutter, et nager, et se battre pour ne pas sombrer. Tout. Que ce soit tes bestiaux, que ce soit tes semences, tes plantes, tes arbres, il faut que tu te gendarme contre tout, ce que nous voulons, il semble que le monde entier ne le veut pas. Il semble qu'il le fait par force. Ça a du nous donner un dégoût de tout, à la longue. » (Jean Giono – Que ma joie demeure)


Production l'Enracinée- n°licence entrepreneur du spectacle : 2-1094248 / 3-1094249 Contact – 0671121615 – enracinee@gmail.com